کلمات کلیدی مربوط به کتاب فرهنگ لغت لاتین-فرانسوی نویسندگان قرون وسطی: زبان ها و زبان شناسی، لاتین، لغت نامه ها و عبارات
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Turnhout: Brepols, 1975. - 70 + 970 p.
Avertissement
Sans avoir besoin d'être "averti",le
lecteur constatera, dès le premier usage, que le lexique
contient des renseignements d'une valeur peut-être inégale : il
s'agit en effet d'une part de ceux que j'ai recueillis à la
suite de mes dépouillements personnels ; et d'autre part de
ceux que j'ai tirés de l'ancien glossaire de Du Cange
principalement, comme aussi de certains dictionnaires ou
lexiques parus depuis ; et cela, dans l'espoir d'augmenter la
valeur utile de cet ouvrage.
La latinité du moyen-âge, c'est tout un monde. Ce qui nous
reste de l'ancienne littérature latine profane, classique ou
postclassique, pourrait tenir à la rigueur dans quelques
armoires, alors que seule une bibliothèque spacieuse pourrait
contenir tous les textes latins médiévaux, manuscrits et
imprimés ; et l'on peut se demander si le futur Du Cange sera
jamais complet.
Il est donc nécessaire de préciser les limites et les buts d'un
modeste lexique comme celui-ci. Disons tout de suite qu'il
n'est pas strictement médiéval, bien que surtout médiéval. Pour
plusieurs raisons : d'abord il contient des renseignements
supplémentaires concernant le latin de l'époque patristique
proprement dite ; ensuite le "Dictionnaire latin-français des
auteurs chrétiens" entamait déjà assez largement la période du
haut moyen-âge et ces renseignements ne seront pas répétés ici
; enfin, nous faisons intervenir quelquefois (environ 1 % du
texte) des termes ou locutions appartenant au latin
moderne.
Puisqu'il s'agit d'une "continuation", d'une suite à un
dictionnaire consacré spécialement aux auteurs chrétiens, nous
essayerons de rassembler le plus possible de renseignements
concernant le vocabulaire latin des différentes sciences
ecclésiastiques : histoire, hagiographie, liturgie,
philosophie, théologie, écrits ascétiques, droit canonique, —
donc des sciences "théologiques" au sens large comme
l'entendait le Père Hugues Hurter dans son Nomenclator
litterarius totius theologiae catholicae.
Un "lexicon" comme celui de J.F. Niermeyer par exemple, est
très utile à consulter pour ce qui concerne le droit féodal,
royal, municipal, comme l'était déjà l'ancien Du Cange. En ce
qui nous concerne, sans entrer aussi profondément dans le
détail de cette science, nous ne devons pas l'ignorer ; car
l'Église de jadis était intimement mêlée aux affaires du
siècle. Ainsi un bon nombre de documents, issus de la
Chancellerie pontificale et signés des différents papes,
ressemblent souvent à des actes notariés spécifiant tels
privilèges, fixant même les limites de telle propriété
abbatiale ou cléricale. Cela commençait déjà vers l'époque de
saint Grégoire le Grand, mais dans de moindres proportions
qu'au moyen-âge. Dans le
De consideratione, s. Bernard de Clairvaux avait essayé de.
réagir, en voulant persuader son illustre correspondant qu'un
pape devait se réserver pour des déclarations doctrinales,
disciplinaires ou liturgiques. Voilà pourquoi le vocabulaire
juridique, celui des "praticiens" comme on disait alors, est
nécessaire à connaître pour l'histoire de l'Église.
A première vue, le vocabulaire médical n'est pas du latin
chrétien, mais il intervient fréquemment dans les récits
hagiographiques où l'on raconte des guérisons
miraculeuses.
Le vocabulaire philosophique, principalement celui de la
scolastique, ne peut être séparé de l'histoire de la pensée
chrétienne : nous avons eu recours pour cela à différents
lexiques, comme ceux de Chauvin, Goclenius, Morin, Lalande,
etc. , dont on retrouvera les noms plus loin dans la liste des
"dictionnaires à consulter", sans oublier le plus important,
celui de R. J. Deferrari et ses collaborateurs. Mais il va sans
dire que, dans ce domaine, il ne faut pas s'étendre outre
mesure. Le plus important pour nous est sûrement le vocabulaire
liturgique, théologique et ascétique.
Quant aux noms propres, il a paru utile d'en retenir
quelques-uns : des noms d'abbayes célèbres, de villes
épiscopales ou conciliaires, que le lecteur ne reconnaîtrait
pas à première vue, et qui prêterait à confusion : par exemple
Lexoviensis : de Lisieux, et Luxoviensis : de Luxeuil.
Quant au latin moderne, on reconnaîtra qu'il serait sans
intérêt de retenir des termes comme telegraphus ou
probabilismus. Si j'ai cité l'expression "marconica ope",
"grâce à la radio", c'est peut-être en cédant à la tentation
trop facile de multiplier les amusettes lexicographiques. Par
contre, on admettra que des locutions de la langue canonique,
telles que vicarius substitutus, sanatio in radice, aient
besoin d'une traduction.
Dans le contrôle des références et la correction des épreuves,
j'ai eu la chance de me savoir aidé par l'équipe du Corpus
Christianorum, les RR. PP. E. Dekkers et J. -M. Clément OSB, et
M. R. De Meulenaere. Qu'ils veuillent trouver ici l'expression
de ma profonde gratitude pour ce travail ingrat.
Pour conclure sur un mode plus solennel, nous pouvons remarquer
ceci. La culture offre de nos jours des aspects les plus
variés. Or, l'un des plus nobles, n'est-ce pas la connaissance
de l'homme ? C'est pourquoi nous espérons nous adresser ici,
non seulement aux philologues ou aux étudiants ecclésiastiques,
mais aussi aux historiens qui s'intéressent à l'homme, à une
espèce particulière de l'humanité, non encore enfouie dans la
nuit des siècles, je veux dire l'homo christianus
occidentalis.
A. Blaise